Présentation

Le cannabis, une drogue caméléon, à la différence des autres drogues il agit sur un grand nombre de récepteurs, disséminés dans l’organisme. Il est capable d’imiter toutes les drogues et peut être :

cannabis-cameleon

  • Euphorisant (on a le fou rire).
  • Stimulant (on a des idées géniales, on n’arrête pas de parler).
  • Sédatif (on est cool).
  • Enivrant (ivresse cannabique).
  • Presque Hallucinogène, ce qu’il provoque ce sont plutôt des distorsions de la réalité (ce sont mes bras qui rallongent ou mes jambes qui raccourcissent ?), cela fait beaucoup rire certains mais d’autres pas du tout et c’est en général leur dernier joint.

Le cannabis peut provoquer les 5 effets des drogues mais avec un bémol. Ce n’est pas une drogue douce ni une drogue violente, c’est une drogue discrète : on peut même penser qu’on ne se drogue pas. Mais c’est une drogue puissante : les fumeurs quotidiens, ceux du matin sont toujours dans un état second et s’ils peuvent encore donner le change ils ne sont plus que des figurants dans leur propre vie. De plus les effets du cannabis sont variables selon les individus la dose et le moment. C’est une drogue difficile à connaitre, les parents en ont trop peur les enfants pas assez. Cependant, il faut relativiser. Sur 18 millions d’expérimentateurs du cannabis, 3% seulement auront une consommation problématique.

Comment s'y reconnaître ?

8 ans (Les années de collège)

Un jour en rentrant du collège l’enfant un peu taquin pose la question de la beuh ou du chichon. Il en a entendu parler à l’école, ça a l’air intéressant et le mot est joli. Il veut voir comment ça fait quand on en parle aux parents. A la maternelle c’était Caca boudin !

17 ans (Ceux qui font leur jeunesse)

Après avoir régulièrement augmenté, depuis 2014 la consommation de cannabis des jeunes diminue. Pour la plupart, 17 ans en moyenne, on consomme en groupe à partir de don, d’échange entre amis, il n’y a pas de dealer patenté, pas de budget d’approvisionnement, pas de décrochage scolaire même si les centres d’intérêt changent, on se cherche et on se trouve généralement. Le risque de passer à un usage problématique est d’un sur quatre.

L’usage régulier : 10 fois dans le mois

Il concerne la fin de l’adolescence et les populations de jeunes adulte et d’adulte qui sont parfois des consommateurs très anciens, stabilisés. Cannabis générationnel. Ils finissent quand même par arrêter, à 55 ans il ne reste que 2% de fumeurs dans la population générale. Jeunesse s’est passée. Cependant tous peuvent tomber dans un usage problématique comme en témoigne l’augmentation des prises en charge dans les centres de soin et les CJC (consultations jeunes consommateurs) mis en place en 2004.

L’usage problématique (Quand on est du matin)

Dans les cas les plus sévères on fume seul dès le matin, on est incapable d’arrêter, il faut un fournisseur régulier et un budget, il y a des conséquences neuro-psychiques : fatigue, désintérêt, troubles de la mémoire, on est désagréable, on inquiète son entourage on déprime et on procrastine à l’excès. Il y a peut-être une comorbidité psychiatrique. Dans d’autres cas les conséquences sont moins sévères, l’usage moins régulier mais comme son nom l’indique toujours problématique. Cet usage problématique qui est défini par 2 réponses positive aux 6 questions du questionnaire CAST (cannabis).

L’enlisement discret

La capacité à différer (la notion du temps et la mémoire sont perturbées), le déni (je connais, je contrôle) voire l’anosognosie : non perception de la modification de la conscience ou perception diminuée (ça ne me fait rien) la démotivation (déprime, inhibition du désir, de l’action) sont responsable d’un enlisement assez spécifique du cannabis émaillé de crises de colère. C’est un obstacle à la relation et au soin long à franchir.

Chez les Usagers des CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement a la Réduction des Risques des Usagers de Drogues) : L’usage quotidien de cannabis concerne la moitié des personnes accueillies.

doc-cannabis-canape

Le bad trip

Le cannabis peut provoquer des états de panique voire des effets qui n’ont rien à envier a la psychose. Cela peut se produire surtout avec des produits très dosés en THC mais pas seulement, le cannabis est imprévisible et son effet varie beaucoup selon les individus.

Le voisinage avec la schizophrénie

La maladie mentale est parfois une hypothèque à lever.

Le cannabis thérapeutique ?

Notre ministre de la santé A. Buzyn a ouvert le débat  « …il n’y a aucune raison d’exclure sous prétexte que c’est du cannabis une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. »  Les dérivés du cannabis ont un potentiel thérapeutique. Le cannabidiol (mais il y en a bien d’autres) qui  contient très peu de THC a montré son utilité dans diverses pathologies …et le sevrage du cannabis. Ces dérivés du cannabis sont utilisés et accessibles inégalement selon les pays. Epidiolex pour les épilepsies résistantes de l’enfant, Sativex pour les douleurs spastiques de la sclérose en plaque,  Marinol…

Ou récréatif ?

Mais le cannabis tel quel, la plante naturelle, n’a pas un effet assez sûr et reproductible pour prétendre un jour être un médicament. Il n’y a pas de « cannabis thérapeutique » (sauf en auto médication mais c’est un autre problème)… Le cannabis restera récréatif.

Ressources sitographiques

logo-OFDT
L'OFDT est un organisme public chargé du recueil, de l'analyse et de la synthèse des données relatives aux drogues illicites, à l'alcool, au tabac et aux jeux de hasard et d'argent en France.
logo-MILDECA
La mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), répond à la nécessité de coordonner une politique publique par nature interministérielle.
logo-cannabis-medecin
Cannabis : repères pour intervenir (fiches, textes scientifiques, vidéos et caricatures)
logo-norml
NORML France a pour but d’informer les citoyens, de soutenir les usagers de cannabis vers l’accès aux droits et à la santé, de promouvoir la recherche scientifique et de regrouper les acteurs de la société civile en faveur d’une réforme de la législation sur le cannabis.