Somnifères et tranquillisants : les faux amis

Ce sont les médicaments de la famille des benzodiazépines ; ils sont largement prescrits, efficaces et bien tolérés. Ils sont anodins à dose thérapeutique et pendant de courtes durées.

Cependant, ce ne sont pas des médicaments de confort, ils devraient être réservés aux anxiétés sévères, car une fois passé le moment de soulagement réel, de sommeil retrouvé, ils ont des effets secondaires, désagréables et biens connus, comme la difficulté à se réveiller, à « émerger ». Ils ont aussi d’autres effets, peu connus et autrement plus sévères : état de marasme, découragement, dépression. Ces effets secondaires pénibles autant que sous-estimés incitent à consommer à nouveau, à reprendre une pilule. Ainsi s’installe, à bas bruit, une habitude qui perdurera pendant des années, car même si le médicament n’a plus depuis longtemps l’effet recherché, on en est dépendant. Plus tard, ces somnifères et tranquillisants auront une responsabilité dans les troubles de la mémoire et les chutes des personnes âgées.

Mais pour le moment, nous n’en sommes pas là. Voyons plutôt ce qui se passe en cas d’abus et de mésusage, et là les effets sont beaucoup moins discrets. Détournées de leur usage, mélangées à l’alcool, ou pris en grande quantité les benzodiazépines et apparentés ont, toutes classes confondues, le plus grand potentiel de dangerosité, plus grand même que celui des stupéfiants. Elles sont responsables d’addictions sévères, de troubles majeurs du comportement (voir encadré 1), elles provoquent une dépendance forte et sont très difficiles à arrêter, même en milieu hospitalier. Le sevrage prend environ deux mois. L’arrêt brutal est exclu, il expose à un syndrome de sevrage (voir encadré 2) à des crises d’épilepsie voire un état de mal épileptique potentiellement létal. Le prescripteur est pris en otage, il ne peut pas prescrire, ni ne pas prescrire. Dans les deux cas, il met son patient en danger. Il doit organiser le contrôle de la délivrance du médicament par un tiers (pharmacien, infirmière, famille) ou recourir à une hospitalisation, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Encadré 1

Fiche éditée par le Réseau Passages avant l’interdiction définitive du Rohypnol

Encadré 2

Fiche médicament “mise en garde / précautions d’emploi” dictionnaire VIDAL

Pour aller plus loin : notre médiathèque

Ressources sitographiques

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