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Colloque HAS : construction et dialogue des savoirs, vers de meilleures décisions individuelles et collectives en santé

21 novembre 2019 | 9h30 - 17h30

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PRÉSENTATION

La HAS organise un colloque sur la « Construction et dialogue des savoirs – vers de meilleures décisions individuelles et collectives en santé » le 21 novembre 2019 de 9h30 à 17h30 à Paris, au Centre international de conférences Sorbonne Université, (4 place Jussieu – 75005 Paris).

Pour prendre de bonnes décisions, individuelles ou collectives, en matière de prévention, de soin, d’accompagnement social ou médico-social, nous avons besoin de savoirs. Ils se construisent aujourd’hui dans un contexte caractérisé par la croissance exponentielle des données avec l’arrivée du numérique et de l’intelligence artificielle.

Dans le même temps certains domaines restent encore marqués par l’incertitude pour ne pas dire le non-savoir. En outre, la force probante des savoirs est plus favorablement attribuée aux résultats chiffrés qu’aux analyses qualitatives, aux sciences humaines ou aux savoirs expérientiels des patients et des personnes accompagnées qui restent encore mal intégrés dans les prises de décision.

À la fin des deux premières décennies du XXIème siècle, comment les savoirs se construisent-ils ? Et comment dialoguent-ils ? C’est l’ambition de ce colloque international, pluridisciplinaire et participatif, d’éclairer ces grands enjeux.

 

PROGRAMME

9h30 – Accueil et allocution d’ouverture

Pr Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé
Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS

10h15 – Table ronde n° 1 : numérique et intelligence artificielle, une chance de plus pour l’évaluation ?

La collecte massive de données et son traitement, par des outils numériques ou d’intelligence artificielle, constitue-t-elle une opportunité pour améliorer nos décisions ?

  • Numérique et méthodologie
    Anita Burgun, médecin spécialiste en biostatistiques et informatique médicale, PUPH Paris Descartes

    L’Intelligence artificielle vise à concevoir les systèmes intelligents capables de réaliser un raisonnement complexe et adapté face à une question de la vie réelle, et s’adapter à des connaissances et des situations nouvelles. Ces systèmes reproduisent les capacités d’apprentissage, en particulier les réseaux de neurones sont capables à partir des gros corpus de données générés par les SI, de mimer avec succès la détection d’informations dans des sources de données non structurées. L’intelligence comporte aussi  des compétences symboliques et logiques pour travailler à un niveau plus haut et plus abstrait de description. Ces technologies combinées dans des modèles hybrides sont à la base des systèmes apprenants d’aujourd’hui et des jumeaux numériques de demain.

  • Numérique et données de vie réelle
    Dominique Polton, présidente de l’institut national des données de santé (INDS)

    Dans tous les systèmes de santé, une masse croissante de données de  santé numérisées est disponible. De nombreux exemples montrent que si on les exploite intelligemment, elles permettent effectivement d’améliorer des décisions à tous les niveaux : les décisions des patients, des professionnels, des autorités de santé et régulateurs. La question est de réunir les conditions pour réaliser ce potentiel d’amélioration.

  • Numérique et éthique
    Christine Balagué, professeur et titulaire de la Chaire Good in Tech à l’Institut Mines-Télécom Business School

    Le développement des technologies et de l’intelligence artificielle en santé est à la fois source de progrès et d’innovation mais aussi d’impact potentiellement négatif sur les individus et plus globalement la société.
    Les technologies responsables by design permettent de répondre aux enjeux éthiques de la médecine du futur. 

12h – Focus : comment prend-on une décision dans un contexte incertain ? Exemple de l’astrophysique

Invité d’honneur David H. Shoemaker, docteur en physique atomique et moléculaire, chercheur scientifique principal, Massachusetts Institute of Technology (MIT)

La physique des ondes gravitationnelles est un développement récent en astrophysique qui a été rendu possible par des décennies de développement d’instruments scientifiques, et qui défie les scientifiques de déterminer si un signal est présent, et quelles sont ses caractéristiques. L’exposé fournira au public un contexte décrivant l’objectif scientifique de ma recherche, puis abordera plus directement la question du gain de confiance dans les données, et de l’évaluation du niveau confiance lorsqu’on a des données partielles, contradictoires ou incertaines.

12h30 – Avis du conseil pour l’engagement en santé des usagers

14h15 – Table ronde n° 2 : savoirs expérientiels et décisions

Les savoirs expérientiels des patients ou des personnes accompagnées, longtemps qualifiés de savoirs profanes, puis d’expertise profane, sont aujourd’hui de mieux en mieux reconnus. Mais comment se construisent-ils ? Comment dialoguent-ils entre eux et avec les autres savoirs professionnels ou scientifiques ?

  • Savoir expérientiel : ressources embarassantes ?
    Julia Boivin, consultante/formatrice en situation de handicap et membre du conseil pour l’engagement des usagers de la HAS
    Eve Gardien, maître de conférences, département de sociologie, université Rennes 2 (ESO UMR 6590) et membre du conseil pour l’engagement des usagers de la HAS

    Dialogue autour de l’émergence de l’expérience comme objet de savoirs dans le milieu sanitaire et médico-social. Quelles transformations sont à penser pour les professionnels, mais également pour les personnes accompagnées et leurs aidants ?

  • Comment les savoirs expérientiels sont intégrés dans la décision individuelle, partagée ou non
    Patrick Castel, chargé de recherche à Sciences Po

    L’intégration des savoirs expérientiels aux décisions individuelles se heurte encore à de nombreux obstacles. Tout en en identifiant certains, cette présentation discutera l’argument fréquemment avancé selon lequel c’est l’Evidence-Based Medicine qui en est le principal responsable, en montrant qu’il existe différentes modalités d’articulation possible. La présentation identifiera certains défis et opportunités pour une meilleure intégration des savoirs expérientiels aux décisions individuelles, en montrant que cela passe par une conception élargie du contexte pertinent de la décision.”

  • Savoir expérientiel et construction d’un savoir collectif : un experience based activism ?
    Madeleine Akrich, directrice de recherche au centre de sociologie de l’innovation CSI-i3, Mines Paris,PSL

    Cette présentation se concentrera sur la production de connaissances tirées de l’expérience par les associations de patients et d’usagers, en montrant la variété des sujets abordés puisque ces connaissances peuvent concerner la maladie sur le plan clinique, les effets des traitements, les prises en charge et l’organisation des soins, les effets psycho-socio-économiques de la maladie etc. En articulant ces connaissances à celles des médecins et des chercheurs, les associations cherchent à faire valoir le point de vue des personnes concernées et à nourrir un dialogue constructif avec les autres acteurs du domaine.

16h – Table ronde n° 3 : quelle place pour des sciences sociales dans les décisions individuelles et collectives en santé ?

En quoi les sciences sociales peuvent contribuer à redonner un élan à la prise en compte de connaissances pour agir. Quelle est leur nature, sur quelle dimension apportent- elles du matériau ? En quoi sont-elles complémentaires des autres savoirs ?

  • Comment les sciences sociales et humaines participent à la production de la connaissance dans un contexte de crise sanitaire ?
    Didier Torny, sociologue, directeur de recherches Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

    La crise sanitaire est devenue une figure routinière de nos sociétés, qu’elles touchent des médicaments, des aliments, des lieux contaminés, des substances disséminées dans l’environnement ou dans des lieux de travail, des dispositifs de santé ou simplement des affections grandissantes dont les causes demeurent inconnues. Touchant nos organisations  sociales et nos formes de gouvernement, remettant en cause nos histoires collectives et notre conception des marchés, elles dépassent par nature la simple faillite technique ou la discussion sur les effets morbides. Mais comment en retour des disciplines de SHS éclairent-elles ces crises sanitaires et produisent de nouveaux savoirs en amont, pendant et après leur déroulement.

  • Dialoguer sur les besoins de connaissances : apport de la recherche interventionnelle
    Thierry Lang, épidémiologiste, directeur de l’IFERISS, Institut Fédératif d’Etudes et de Recherche Interdisciplinaire Santé Société

    Des centres d’expertise, appuyés sur des centres de recherche interdisciplinaires pourraient avoir un double impact en santé publique : mettre à disposition une expertise et des compétences au service des acteurs ; permettre, en favorisant le dialogue et l’acculturation, de développer une recherche interventionnelle en santé publique, co-construite, apportant des connaissances ayant un sens pour les chercheurs et les acteurs.

  • Apports des synthèses de données probantes qualitatives dans l’élaboration de recommandations et le processus de prise de décisions
    Jane Noyes, professeur de recherche sur la santé et les services sociaux et la santé des enfants, université de Bangor, Royaume-Uni

17h15 – Conclusion

Organisateur

HAS
Téléphone :
01 55 93 70 00
Site Web :
https://www.has-sante.fr/

Lieu

Centre international de conférence Sorbonne Université
4 place Jussieu
Paris, 75005 France
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