Compte rendu – Groupe de travail ELSA – 26 Septembre 2019

Groupe de travail, Compte rendu, ELSA

Présents :

Anne BASTOUL, Elise BENDAVID, Carole BOUZIGUES, Elfie CLARENSON, Marie-José FERRO-COLLADOS, Marie-Anne FORTON, Laura FOUCUALT, Sylvie HEMERY, Brigitte HONORE, Léna LATTES, Michel LEPAPE, Katya MAZENQ, Marie-Cécile MICHELET, Eva MIGNOT DEL GALLO, Hélène MOURET, Mary-Blanche PAPON, Anne PUECH, Sylvie RABAUD, Rabha SABRI, Mélody SANCHOU-VERLINDEN, Maryline SERRANO.

Pour le RAMIP :

Jean-Paul BOYES, Francine QUESADA.

Excusés :

Pascale HEREDIA-RODIER, Nicolas MALLAISE.

Ordre du jour :

  • La réduction des risques en équipe de liaison

 

LA RÉDUCTION DES RISQUES EN ÉQUIPE DE LIAISON

Les équipes sont toutes impliquées dans les principes de la réduction des risques et c’est à travers le tabac que s’exprime le plus ce rôle.

En effet, certaines expérimentations comme celles de l’hôpital Joseph Ducuing vont jusqu’à amener la cigarette électronique à disposition des usagers grâce à une collaboration avec la vape du coeur.

Sinon la réduction des risques tabac par mise à disposition de patch transdermique de nicotine est bien sûr systématique. Cette mise à disposition de patch se fait donc en explication d’un protocole de sevrage ou bien sans consigne, tout en faisant ainsi découvrir à l’usager l’intérêt de la substitution à nicotine comme étant le facteur essentiel de l’addiction.

A l’hôpital de Castres par exemple, le fait d’être hospitalisé et fumeur, entraînera la prescription de patchs afin de limiter l’inconfort et les signes de sevrage inhérents à l’arrêt de la consommation.

Pour l’utilisation de la cigarette électronique, elle est parfois interdite comme c’est le cas à Castres. D’autres fois, elle peut être utilisée au niveau des chambres individuelles du patient, et comme à l’hôpital Joseph Ducuing elle est donnée pour initier le patient à son sevrage grâce à cet outil de réduction de risques.

A noter un débat autour de la table, sur l’intérêt de la cigarette électronique sans nicotine qui semble trouver toute sa justification dans un moyen pour résoudre l’addiction gestuelle au tabac.

Les équipes ELSA font remarquer que des projets ARS d’hôpital sans tabac sont lancés pour lequel il est intéressant d’avoir un financement. C’est le cas à l’hôpital de Lannemezan, où l’infirmière a pu bénéficier d’un temps partiel additionnel pour prendre en charge les patients, notamment ceux de l’hôpital psychiatrique. A ce sujet, Marie Blanche Papon relate l’expérience de l’hôpital sans tabac à Monaco en milieu psychiatrique, qui montre l’impact important, du sevrage tabagique sur la consommation de psychotropes ; la diminution de consommation de psychotropes allant de pair avec la diminution du tabac, si tentait qu’il soit bien contrôlée par les dispositifs transdermiques.

D’autres conditions donnent accès à l’appel aux projets. C’est l’hôpital sans tabac envers les femmes enceintes, le public précaire, la psychiatrie, les adolescents et l’oncologie.

Un mot sur l’inhaleur qui est une méthode de substitution et de voies d’administration de la nicotine par voie linguale, et qui peut être proposé avec des dosettes à changer tous les jours en fonction de l’utilisation et des besoins, et bien entendu les substituts nicotiniques oraux qui peuvent être proposés pour répondre à une demande d’un fort craving.

A noter qu’à ce sujet, l’existence de pastilles sans nicotine ! Dont l’utilisation peut être envisagée chez certaines personnes…

Concernant le cannabis, le problème est celui de la réduction des risques qui passe surtout par la réduction des risques combustion. Il est donc intéressant de se former, ou du moins de s’informer à d’autres moyens d’absorption du cannabis, notamment la vaporisation.

Quelques sites :

Ce qu’il faut, c’est installer dans les esprits, qu’il y a d’autres moyens de consommer le cannabis et que la réduction des risques consiste à réduire de façon très significative les dommages liés à la consommation de THC et donc peut-être savoir parler de l’utilisation du cannabidiol dans son effet anti craving.

A noter qu’à ce sujet, l’ELSA de Rodez est en proie à la gestion des injonctions de soins qui lui sont faites par le milieu de la justice et qui mettent en difficulté l’équipe d’abord par un manque de formation, et puis par une prise de temps sur des fonctions qui n’ont rien à voir avec l’activité d’un ELSA.

Pour la réduction des risques alcool, le débat porte sur la pertinence des cures de sevrage.

A l’hôpital Joseph Ducuing, il y a des hospitalisations de « répit » qui consiste à mettre au repos des usagers précaires, parfois à la rue, de manière à faire une pause dans les consommations et pour lequel le sevrage brutal serait trop difficile, voire dangereux. Il est proposé la consommation de bières avec une quantité limitée, qui permettent à la fois le répit et le soin.

Sinon en règle générale, les sevrages posent certains problèmes. D’une part, l’absence de projet en sortie du sevrage fait que ce sont des lits occupés, rarement bien préparés, avec des sevrages initiés à la demande de la famille ou du médecin traitant pour mettre au repos l’entourage mais qui n’apporte pas grand-chose à l’usager voire même aggrave certains troubles cognitifs par les effets liés au sevrage.

La réduction des risques alcool en ELSA semble essentiellement tournée à la réduction du risque du sevrage. Et donc les protocoles de Cushman sont appliqués dans tous les services avec information des équipes pour pouvoir anticiper un syndrome de sevrage important.

Qu’en est-il de la consommation d’alcool à l’hôpital, sachant que le vin peut être donné au repas, mais pour la plupart il est sur prescription. Le sujet est de savoir si, on autorise ou pas, la consommation d’alcool pendant une hospitalisation, et la question de savoir si l’alcool est un élément thérapeutique de la prévention du DT lorsque l’usager n’a pas l’intention d’arrêter.

Certains ELSA, notamment à Auch et à Castres, posent le problème des patients qui restent longtemps aux urgences qui ne sont pas orienter rapidement, et donc qui peuvent développer des déliriums tremens d’où l’indication et le rôle important des ELSA dans les services d’urgences.

La conclusion du débat sur la réduction du risque alcool, c’est qu’elle est difficile à mettre en place pour une équipe ELSA puisque travaillant dans un milieu hospitalier et que la consommation d’alcool est incompatible le plus souvent avec les soins, les médicaments coprescrit, etc…

La patientèle souvent âgées et plutôt rurales, pose également certains problèmes vus que les habitudes de consommation d’alcool sont très ancrées et peuvent interférer avec les soins au cours de l’hospitalisation. La réduction des risques en elle-même, n’est pas une des solutions qui peut être mise en pratique par les ELSA en hôpital.

Concernant les opiacés, le principe est surtout la formation des équipes au repérage des patients sous TSO et l’adaptation des doses en fonction de la demande et des plaintes du patient. Toutes les équipes ELSA ont été confrontées à un moment ou à un autre, à la gestion de la douleur sous opiacés.

Ci-dessous pour information, les dernières recommandations :Stratégies antalgiques et médicaments de substitution aux opiacés(Le Courrier des addictions (12) – n° 2 – avril-mai-juin 2010 –> Données  importantes pour les patients qui sont en médecine ou en chirurgie et qui nécessiteraient un problème de soin antalgique).

En fait, la réduction des risques aux opiacés pour les ELSA consiste surtout à un repérage des consommations et des traitements substitutifs afin de ne pas entraîner une rupture de soins ou au contraire de méconnaître un besoin d’adaptation de dosage de TSO.

La prochaine réunion des ELSA aura lieu le jeudi 19 mars 2020 au RAMIP et portera sur la RDR Cannabis.