Compte rendu – Groupe de travail Rencontres Interprofessionnelles – 1er février 2018

Groupe de travail, Compte rendu, Rencontres interprofessionnelles

Présents :

BATSERE Vincent, BELDA Valérie, CUTILLAS Didier, FAUCHER Mélanie, GARNIER Lauriane, HEUILLET Francis, LAFFITEAU Françoise, MALLAISE Nicolas, MONIN Aurélie, MONNIER Benoît, TIERRIEN Michèle.

Pour le RAMIP :

QUESADA Francine et BOYES Jean-Paul.

Excusés :

SOENEN Dominique.

 

Thème du groupe de travail  :

« La bientraitance envers les usagers et les patients ».

 

Ordre du jour :

  • Quel impact ?
  • Quelle éthique ?
  • Comment échanger ?
  • Propositions d’axes de travail
  • Discussion autour de ces propositions et suites à donner

 

La présentation du groupe montre une parfaite disparité et une représentation de toutes les catégories socio professionnelles de l’addiction.

La réflexion portait sur la façon de coller à l’éthique du ” Care” dans l’approche des accompagnements ou des prises en charge.

Le Care est une philosophie dont la définition est très polysémique (n’est-ce pas Didier?) Cette philosophie est d’abord élaborée comme une éthique relationnelle structurée par l’attention aux autres. Fondamentalement vulnérable et interdépendant, tout usager a, à un moment ou un autre de sa vie, recours à des relations de protection, d’aide ou de traitement de sa dépendance, parfois ignorée ou méprisée. Cette philosophie du Care, introduite chez les soignants par une psychologue, Carol Gilligan en 1982, établit le cadre moral du soin mais bien plus encore.

On définit plusieurs aspects en plusieurs phases :

  • Le premier temps fait référence au ” se soucier de ” qui traite de l’écoute de l’attention
    dans l’évaluation d’un besoin.
  • Le deuxième est la façon adaptée d’y apporter une réponse, le “prendre en charge”.
  • La troisième traite du ” prendre soin”, dans la responsabilité d’assumer la prise en
    charge des besoins identifiés.
  • Enfin, le ” recevoir le soin” s’intéresse à la responsabilité dans la façon de recevoir le
    soin dans un cadre bienveillant.

L’addictologie ne se prête pas toujours à cette notion de soin mais la bienveillance doit quand
même dominer dans l’accompagnement

Ces rencontres d’Auch se proposaient de réfléchir collectivement aux éléments facilitant ou
faisant obstacle à une relation s’inscrivant dans cette éthique.

Plusieurs axes de réflexions ont émergé, constituant chacun autant de pistes de travail pour la réflexion collective :

  • Contexte dans les conditions de travail des professionnels.

En effet, celles-ci peuvent impacter l’état d’esprit du professionnel et le mettre dans des conditions contrariant la qualité de l’accompagnement

  • L’accessibilité des usagers et les problématiques des privations de mobilité

Problème important en ruralité, les différents moyens de transport des usagers sont envisagés et l’importance de la mise à disposition institutionnelles de ceuxci contribue à la bonne prise en charge

  • Comment aller vers les usagers et l’intérêt de le voir dans son milieu de vie

Il est souligné l’importance de l’évaluation du cadre de vie permettant de moduler la réponse de l’intervention

  • Etudier les transports dans les cas de violences conjugales, à priori action menée au niveau nationale sur tous les départements

Toujours dans un souci de prise en charge, permettre le transport d’une personne victime de violence. Service mis en place

  • Problème de l’accueil et de la représentation dans les services d’urgence :

Nombreux usagers peuvent parfois voir leurs accueils parasités par la confrontation avec les représentations des professionnels qui le reçoivent. Le travail des équipes de liaison est sur ce point essentiel mais ne peut pas résoudre toutes les problématiques. La formation, à défaut la sensibilisation des professionnels est une piste d’amélioration.

  • Définir un objectif dans une prise en charge.

Problème le plus difficile qui nécessitera surement une réunion à lui tout seul En effet, selon le professionnel, selon l’usager, les objectifs, s’il y en a sont différents et ne sont pas perceptibles de suite. La qualité du lien et le positionnement du professionnel conduira pour certains à une définition d’objectifs. Pour d’autres, enfin ils sont définis dès le début et c’est la qualité de la relation qui conditionnera leur réalisation.

  • Le travail pluri- professionnel

Reconnu par tous les acteurs, il est la caractéristique première du soin en addictologie. La connaissance des réseaux, l’échange entre professionnels partagés par l’usager conditionne la qualité de la prise en charge. Il protège le professionnel et assure à l’usager une meilleure bienveillance dans la relation.

 

Voilà autant de point parsemant le parcours du patient et où l’éthique du care permet une réflexion de tous les acteurs sur la façon d’améliorer les prises en charge.

 

Le groupe conclut cette riche discussion en fixant la prochaine réunion au 17 mai 2018 de 10 heures à 12 heures avec pour thème de réflexions : L’éthique dans la gestion du dossier médical partagé.