Compte rendu – Groupe Territorial du GERS et des HAUTES-PYRÉNÉES – GT32/GT65 – 2020 #1

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Présents :

CHAPPAZ Judith, DEMARE Aurélie, DULAU Nathalie, GAITS Francis, GIRAUD Nadine, JACOUMET Marie-Paule, LOUBRADOU Isabelle, MARZOUK Aurianne, ORTS Jean-Charles, PAULY Jean, POUGET Lucie, THORE Marlène, TORRENT Audrey.

Excusés :

ANQUET Karine, CARDOSO Josiane, CHAOUI Nathalie, CLOUZEAU Monique, DJELAOUI Laura, FLORENTINO Raphaëlle, HEUILLET Francis, LADERRIÈRE Ingrid, LINARD Catherine, MICHARD Jocelyne, PERPIGNAN Valérie, ORTEGA Yves, REY Sandrine.

RAMIP :

ANDRIAMANDROSO Ony, BARSONY Jacques, BOYES Jean-Paul, Laure GONDON, QUESADA Francine, Émilie TOGBEDJI.

Ordre du jour :

Ensemble dans le confinement pour partager, échanger et préparer la sortie

L’ensemble des professionnels a le plaisir de se retrouver en visio conférence.

Lors de cet échange, 3 points principaux à aborder :

  • Faire un retour sur le fonctionnement des structures et le ressenti des usagers en période de confinement,
  • Les problématiques rencontrées et les attentes de chacun,
  • L’organisation envisagée pour l’après-confinement.

À la communauté thérapeutique de Lafitole,

des protocoles ont été mis en place pour protéger les résidents, notamment une activité très réduite au niveau des ateliers de groupe.
Début décembre, l’équipe avait anticipé et s’était organisée pour se concentrer sur l’entretien et le nettoyage du site. Des masques et des gants étaient déjà en réserve pour l’utilisation éventuelle dans le cadre d’une épidémie de grippe ou autres.
Actuellement le médecin assure des consultations au centre. Les entretiens psychologiques se réalisent par téléphone.
Pour les usagers sous pression, deux activités principales ont été remises en place ; le jardinage et le dessin.

Une réflexion est en cours quant à l’après déconfinement comment organiser les sorties et retours des usagers dans le centre ; distribution de gel hydroalcoolique, de gants, nombre de jours en quarantaine… À ce jour, aucune information n’a été donnée aux résidants.

À Clémense Isaure, (Toulouse)

le personnel constate que les mesures barrières sont difficiles à maintenir dès qu’ils sont nombreux et sur du long terme. La pause déjeuner en commun est supprimée. 3 ou 4 professionnels travaillent en présentiel.
Les usagers sont reçus principalement sur RDV.

À l’hôpital de Montaigu,

le service addictologie a été fermé pour être mis au profit du COVID. Le personnel soignant a été également réquisitionné.
Les patients sont progressivement sortis du service addictologie ; certains craignaient la contamination en restant dans un milieu hospitalier, d’autres auraient préférés y rester. Seuls 3 patients ont été maintenus hospitalisés et déplacés dans un autre service.
Un maintien du lien est assuré par téléphone avec les patients. Il est bien sûr plus rapproché pour ceux qui nécessiteraient une hospitalisation.
La situation se dégrade pour ceux qui avaient réussi à maintenir une abstinence. Leur re consommation ne leur convient pas et peut les faire culpabiliser. Un relais avec les CSAPA est envisagé.

L’équipe n’a actuellement pas de date pour la réouverture du service addictologie.

Le CASA 65

Au niveau du CSAPA (Centre de Soin d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), les patients ont été contactés par téléphone avec la mise en place d’entretien régulier. Pour certains, un appel quotidien a pu être mis en place.
C’est aussi un temps propice à une introspection pour certains.
Certains usagers vivent des situations inédites, d’autres sont en difficulté pour s’approvisionner (alimentation, tabac, alcool…).
Des nouvelles admissions ont été organisées, notamment pour les sortants de prison.
Une nouvelle psychologue viendra renforcer l’équipe la semaine prochaine.

Au niveau du CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour les Usagers de Drogues), la délivrance du matériel et les maraudes ont été maintenues.
Les entretiens téléphoniques permettent de réduire les angoisses, les usagers sont sensibles à la démarche.
L’assistante sociale continue son activité et notamment l’ouverture d’accès aux droits.
L’accessibilité au TSO (Traitement de Substitution aux Opiacés) est maintenu soit par le renouvellement d’ordonnance via le pharmacien ou le médecin. Quelques problèmes de chevauchement liés à une surconsommation ou d’ordre privé par le deal ou échange, ont pu être réglés.
Dans l’ensemble, la situation reste positive malgré tout.

À l’ANPAA 65,

sur le site de Tarbes uniquement, le service est ouvert avec la présence de 2 professionnels par jour. Il est priorisé les entretiens téléphoniques pour les travailleurs sociaux et psychologues.
Le médecin assure des téléconsultations.
Les usagers ont besoin d’être rassuré, certains ont décompensé.
L’équipe a des masques à disposition depuis 15 jours.

À la PTA (Plateforme Territoriale d’Appui) du Gers,

il n’y a pas de consultation.
Les quatre professionnels sont en télétravail.
Cette période donne encore plus de sens à leurs missions de coordination.

Seul le psychologue d’Arpège maintient le lien avec les patients en assurant des entretiens téléphoniques.
Le grand questionnement est sur l’après confinement.

Marlène THORE,

infirmière ASALEE (Action de Santé Libérale En Équipe) dans le sud-ouest du GERS est en télétravail depuis le début du confinement. Elle assure un suivi pour les patients avec une suspicion de COVID.
Depuis deux semaines, elle a pu reprendre contact essentiellement avec les patients diabétiques ainsi que ceux en sevrage tabac et ceux fragilisés par le confinement.
Actuellement, les échanges concernant la RDR avec les patients ont tous leurs sens.

Au CAARUD REGAR,

l’activité est réduite. Deux permanences sont assurées les lundis et jeudis pour la distribution de matériel. Pas d’accès au local pour le public.
Une fois par semaine, l’équipe contacte les usagers. La situation reste très compliquée notamment pour ceux qui sont isolés et sans véhicule. Certains se sont retrouvés sans argent suite à la fermeture de la Poste, un relais avec la Croix Rouge a été mis en place.
De nouveaux squats ont été emménagés par les personnes sans abri.
Au niveau de l’accès au TSO, les pharmacies ont renouvelé les traitements et un relais a été fait avec les CSAPA. Une hausse de la consommation des TSO est constatée en lien avec la difficulté à se procurer des produits. Certains subissent un sevrage forcé.
L’équipe est amenée à rencontrer de nouveaux usagers et d’autres sont perdus de vue.
L’équipe est munie de gants et de masques. Une association leur a également confectionné des masques en tissus.

Les infirmières ASALEE

Judith CHAPPAZ,

infirmière ASALEE à Bagnères de Bigorre, participe à l’accueil en centre des personnes avec une suspicion de COVID. Elle aborde avec eux leur consommation éventuelle de tabac et/ou d’alcool et leurs proposent une consultation dans le cadre de ses fonctions « ASALEE ».
Depuis le début de cette semaine, elle a repris ses fonctions en présentiel.
Le RAMIP lui suggère de visiter le site où un document concernant la RDR alcool en période de COVID est à disposition.

Aurélie DEMARE,

infirmière ASALEE à la maison de santé de Mauvezin assure également une mission pour les patients avec une suspicion de COVID.
En parallèle, elle a maintenu le lien avec les patients en sevrage tabac, ceux qui sont diabétiques et ceux qui ont une problématique avec l’alcool.
Pour les usagers en difficulté, elle leur propose un entretien téléphonique par semaine en fixant des objectifs concrets et réalisables. Les situations ont pu s’améliorer.

Elle est en contact avec un médecin addictologue d’un CSAPA ainsi qu’avec l’équipe du CAARUD d’Auch. Actuellement, il est néanmoins impossible d’accompagner physiquement un patient pour une hospitalisation.
Pour les patients en situation de précarité, elle les aide pour faire les démarches.
Pour l’après confinement, il est envisagé d’assurer certaines consultations en présentielle si elles sont jugées, en collaboration avec le médecin, indispensables.

Marie-Paule JACOUMET,

infirmière ASALEE à Nogaro et Vic Fezensac, a repris des consultations avec les patients en sevrage tabac, les patients diabétiques et ceux qui ont une problématique avec l’alcool. Ces derniers sont très demandeurs de consultation en présentiel.
Pour les patients suivis dans le cadre d’une suspicion de COVID, ils parlent spontanément de leur consommation d’alcool et ou de tabac. Ils commencent à poser ensemble des objectifs et sont ravis d’être rappelés.

Nathalie DULAU,

infirmière ASALEE à la maison de santé de Mirande, constate une augmentation de la file active, pas de consultation en présentiel actuellement.
Une fois par semaine, elle téléphone aux patients avec une maladie chronique.
Elle craint une forte demande à la sortie du confinement.
Des maques et des blouses ont été réceptionnés.
Il lui est proposé que les médecins puissent contacter le RAMIP pour les problématiques d’addiction.

Le compte rendu des infirmières ASALEE montre toute l’importance de leurs actions et du lien tissé à travers le réseau entre les soins premiers et les structures.

Aux Chemins de Lalande,

depuis le 16/03 les patients ont été renvoyés à leur domicile. Le service a été transformé en service psychiatrique pour les patients atteints du COVID. Un à deux lits ont été maintenu pour les patients très en difficulté.
Un maintien d’entretien par téléphone a été assuré, avec une fréquence hebdomadaire pour certains.
Actuellement il n’y pas de directive quant à l’après confinement.
Le RAMIP rappelle que les SSRA (Service de Soins et de Réadaptation en Addictologie) reçoivent des nouveaux patients avec une période de 14 jours en confinement.

En résumé, chaque structure a su s’adapter à la situation.

Le RAMIP s’était engagé à vous transmettre les contacts pour que les structures puissent demander des équipements auprès de l’ARS. À ce jour, ces informations ne sont pas disponibles, elles seront à disposition sur le site ultérieurement.

Il est possible de commander des visières sur cette adresse : https://shields-visieresolidaire-covid19.fr/www/

Le prochain GT en Visio se déroulera le mardi 19 mai 2020 à 10h00.

Compte rendu – Groupe Territorial du GERS et des HAUTES-PYRÉNÉES – GT32/GT65 – 2020 #1