Le Bus des femmes – Prostituées, histoire d’une mobilisation

Actualité, Opiacés, Culture

Le Bus des femmes
Prostituées, histoire d’une mobilisation

Anne Coppel avec Malika Amaouche et Lydia Braggiotti

Rencontre à TOULOUSE en présence de Anne Coppel le 12 mars 2020 à l’excellente librairie Floury Frères

En librairie depuis le 30 janvier 2020

En pleine épidémie de sida, des prostituées interpellent les pouvoirs publics sur leur santé et les conditions d’exercice de leur métier. Leur action, contemporaine de la création d’Act Up-Paris, conduira à la création du Bus des femmes en 1990. Un document historique rarissime qui témoigne de l’histoire des mobilisations citoyennes, un exemple unique de class action chez les prostituées.

152 pages / 20 lettres et documents iconographiques / 20 €

En pleine épidémie de sida, les prostituées sont parmi les victimes les plus exposées et les plus vulnérables, les minorités les moins protégées. Le contexte est celui de l’arrivée de nouvelles femmes, migrantes ou usagères d’héroïne qui sont obligées de se prostituer, les traitements de substitution n’étant pas encore accessibles ; des femmes prêtes à tout pour gagner de l’argent et en mauvaise santé contre lesquelles les « traditionnelles » protestent.

Prostituée de la rue Saint-Denis, Lydia Braggiotti sollicite alors Anne Coppel, une sociologue spécialiste des toxicomanies, pour l’aider à faire témoigner ses consoeurs. Son idée est de faire écrire les « subalternes » dans un cahier de doléances adressé aux pouvoirs publics. Huit cahiers vont ainsi circuler parmi les femmes de la rue Saint-Denis et celles des portes de Paris. Le document présenté à Claude Evin donnera lieu à la création du Bus des femmes en novembre 1990, première association de santé communautaire de prostituées, dirigée par des prostituées.

Ce document historique est rarissime en ce qu’il donne à lire la voix des prostituées. Au-delà du témoignage sur les conditions de vie des prostituées, c’est un exemple remarquable d’empowerment dans l’histoire des femmes. Les textes font surgir une réalité diverse et incarnée, à la fois violente et ordinaire : toxicomanie, santé et questions d’hygiène avec la bataille du préservatif, la peur et les rivalités, la vie sociale et la famille. Bien loin des fantasmes et des débats paralysés par des prises de position de principe, ce document extraordinaire apporte une pierre dans la réflexion sociale et sanitaire toujours actuelle sur la prostitution.

Les regards de Anne Coppel, Lydia Braggiotti (actrices de l’aventure), et de Malika Amaouche (militante et héritière contemporaine de cette histoire) décryptent la parole des femmes et font écho avec le débat contemporain : condition sociale, les studios où les femmes travaillent, les relations avec les hommes (proxénètes et revendications d’un statut social), les clans (rue Saint-Denis, périphérie, marcheuses des Champs-Élysées).

Après une présentation d’Anne Coppel, 17 lettres sont reproduites et commentées, suivies du témoignage de Malika Amaouche et d’un entretien avec Lydia Braggiotti.

AUTRICES

Anne Coppel est sociologue, militante et féministe, elle fut une actrice de cette aventure (sa formation dans les pas de l’école de Chicago à l’université Ann Arbor dans les années 1970 en font une personne clé et désignée pour recueillir la parole des prostituées). Ses travaux expérimentaux ont contribué à l’adoption de la politique de réduction des risques. Elle a présidé l’Association française de réduction des risques liés à l’usage des drogues et est une des fondatrices de l’association féministe « Femmes publiques ». Elle est l’autrice de, entre autres, Peut-on civiliser les drogues ? (La Découverte, 2002), Drogues. Sortir de l’impasse (avec Olivier Doubre, La Découverte, 2012), La Catastrophe invisible. Histoire sociale de l’héroïne (avec Michel Kokoreff, Amsterdam, 2018). Voir http://www.annecoppel.fr/

Malika Amaouche est anthropologue, militante et féministe, elle travaille sur la question des comportements à risques des personnes en marge de la société avec une approche intersectionnelle. Titulaire d’un master à l’EHESS, elle a ensuite travaillé et milité sur les questions de prostitutions dans le champ associatif. Elle est l’autrice de nombreux articles : revue Vacarme, éditions Autrement (Jeunes et sexualités), éditions Robert Laffont (entrée « Écologie » in Dictionnaire des sexualités sous la dir. de J. Mossus-Lavau), éditions Antipodes (« La prostitution des traditionnelles » in Cachez ce travail que je ne saurais voir, M. Lieber et J. Dahinden, E. Hertz) et de plusieurs rapports issus de recherche-action portant sur l’errance, les comportements addictifs, la prostitution et sur l’économie de la rue.

Lydia Braggiotti a été la cheffe de projet de cette recherche-action.

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